En épilation laser, deux paramètres essentiels sont la durée d'impulsion (la durée de chaque impulsion laser) et la fluence (l'énergie délivrée par unité de surface). Ces paramètres déterminent la manière dont la chaleur du laser s'accumule dans les follicules pileux par rapport à la peau environnante. La mélanine contenue dans le poil absorbe la lumière laser et la convertit en chaleur. L' intensité et la vitesse de cette chaleur sont déterminées par la fluence et la durée de l'impulsion laser. Pour détruire définitivement un poil, il est nécessaire de déposer suffisamment d'énergie pour endommager les cellules de croissance du follicule, mais cette énergie doit être déposée au bon moment afin de limiter la chaleur au follicule.
Un concept clé est le temps de relaxation thermique (TRT) de la cible, soit approximativement le temps nécessaire à un objet chaud (comme un follicule pileux) pour dissiper la moitié de sa chaleur dans son environnement. Pour les poils terminaux épais, le TRT est de l'ordre de quelques dizaines de millisecondes (environ 100 ms). En pratique, la durée de l'impulsion doit être du même ordre de grandeur : si les impulsions sont nettement plus longues que le TRT, la chaleur se diffuse avant que le follicule ne soit complètement détruit ; si elles sont beaucoup plus courtes, la chaleur est délivrée trop brutalement, ce qui risque de provoquer des lésions cutanées. L'impulsion optimale est donc suffisamment longue pour permettre à l'épiderme de dissiper la chaleur, mais suffisamment courte pour concentrer suffisamment d'énergie dans le follicule. Cet équilibre est essentiel. Une telle précision dans la durée des impulsions permet une photothermolyse sélective, détruisant le poil cible tout en évitant les brûlures cutanées.
La fluence (densité d'énergie) doit être équilibrée avec la durée d'impulsion. Une fluence plus élevée permet de chauffer davantage le follicule, mais uniquement si elle est associée à une durée d'impulsion appropriée. En pratique, les poils épais ou profonds nécessitent souvent une fluence plus élevée et une impulsion plus longue pour coaguler efficacement le bulbe sans brûler l'épiderme, tandis que les poils fins réagissent bien à des impulsions plus courtes (proches de leur température de transition inférieure) et requièrent moins d'énergie. Si la fluence est trop faible, le follicule peut n'être que partiellement endommagé et finir par guérir, entraînant une repousse ; mais une fois un certain seuil de destruction atteint, augmenter la fluence n'apporte que des bénéfices décroissants tout en augmentant le risque de douleur ou de brûlures.
En résumé, la précision du réglage de la durée d'impulsion et de la fluence influe directement sur les résultats cliniques. Des études ont démontré que l'optimisation de ces paramètres permet de maximiser l'épilation et de minimiser les effets secondaires. Une étude clinique a notamment montré que l'utilisation d'une impulsion plus longue (10 ms au lieu de 3 ms) sur un laser alexandrite permettait d'obtenir une épilation équivalente sans augmentation des effets indésirables, soulignant ainsi l'importance de trouver la bonne combinaison. En maîtrisant des concepts tels que la TRT (réponse thérapeutique au laser) et la photothermolyse sélective, les praticiens peuvent ajuster avec précision la durée d'impulsion et l'énergie afin d'obtenir une épilation efficace et sûre, adaptée au type de poil et aux caractéristiques cutanées de chaque patient.
Références :
- Farnaghi F. et al. (2021). J. Lasers Med. Sci. , 12(1): e61 – Étude de la durée d'impulsion du laser Alexandrite (3 ms vs 10 ms)
- Bhat YJ et al. (2020). Dermatol. Pract. Concept , 10(1): e2020048 – Paramètres de l'épilation laser et discussion sur la TRT





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